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Promenades avec Marie-Christine Grimard

Aime la vie et le partage d'émotions, et danse avec elles en mots et en images, pour que le chemin vers les étoiles soit toujours bleu.

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

"Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers...

Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,

Elle est retrouvée.
Quoi ?
- L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Ame sentinelle,
Murmurons l'aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.

Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.

Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s'exhale
Sans qu'on dise : enfin.

Là pas d'espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.

Elle est retrouvée.
Quoi ? - L'Eternité.
C'est la mer allée
Avec le soleil.

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais.
L'eau était morte.
Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois.
J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras.
Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq.
A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps.
L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, Je dirai quelque jour vos naissances latentes.

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

L'amour est à réinventer .

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

Le Monde a soif d'amour: tu viendras l'apaiser.

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

Mais vrai, j'ai trop pleuré!
Les Aubes sont navrantes,
Toute lune est atroce et tout soleil amer:
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes .
Ô que ma quille éclate !
Ô que j'aille à la mer !

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

Nous sommes aux mois d'amour: j'ai dix-sept ans. L'âge des espérances et des chimères, comme on dit... Moi j'appelle cela du printemps .

Lettre à Théodore de Banville le 28 mai 1870

Arthur Rimbaud

Arthur Rimbaud

Rimbaud, l'adolescent poète , naît le 20 octobre 1854 à Charleville dans les Ardennes. Enfant brillant, il fait ses premiers vers en latin et à 15 ans obtient le premier prix au concours académique.

Esprit rebelle, il fera plusieurs fugues, cet "adolescent aux semelles de vent" selon Verlaine, sera arrêté plusieurs fois. Il écrira : "je m'entête affreusement à adorer la liberté libre ."

Il sera marqué par la guerre de 1870, puis par la commune de Paris en 1871, qui attiseront son esprit libre et rebelle. La guerre lu inspirera entre autres, "le dormeur du val ."

Il rencontre Verlaine en 1871, commence alors une vie d'errance et de passion. Paul Verlaine dira qu'il avait "un visage parfaitement ovale d'ange en exil, avec des cheveux châtain clair mal en ordre et des yeux d'un bleu pâle inquiétant ."

Sa poésie devient "impressionniste" , il compose "voyelles" et le "bateau ivre", puis "une saison en enfer" dont il sort brisé, peut-être s'est-t-il aventuré trop loin dans sa quête de l'impossible, vers le dégoût et le néant ...

Après 1890 il n'écrira plus, il erre quelques années en Afrique du Nord, alors que son oeuvre commence à être connue en France, après la publication en 1886 des "Illuminations".

Il mourra à l'âge de 37 ans, le 10 novembre 1891 dans les suites d'une amputation de la jambe.

Arthur Rimbaud

C'est un trou de verdure où chante une rivière
Arrachant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil , de la montagne fière ,
Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte , tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls , il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade , il fait un somme:
Nature, berce le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur la poitrine,
Tranquille . Il a deux trous rouges du côté droit .

Arthur Rimbaud octobre 1870

Arthur Rimbaud
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L
quel bonheur d'être abonnée à ce blog, c'est simplement magnifique, un vrai régal à chaque fois merci
Répondre
G
Merci à vous pour vos appréciations et votre soutient amical !