Aime la vie et le partage d'émotions, et danse avec elles en mots et en images, pour que le chemin vers les étoiles soit toujours bleu.
9 Février 2014
J'ai peine à croire qu'en perdant ceux qu'on aime, on conserve son âme entière.
Pour chasser tout ce blues bleu marine qui m'envahit, je ne peux que l'écrire:
Mon Coeur est bleu, de mille nuances de bleu
Bleu comme les yeux de ma mère
Bleu comme mes souvenirs en elle
Bleu comme sa voix si belle
Bleu comme mon âme qui pleure
Bleu comme ma douleur
Bleu comme son absence
Bleu comme mes errances
Bleu comme la vie sans elle
Bleues comme l’étaient ses ailes
Bleu comme mon âme amère.
Accepter le départ de ceux que l'on aime, c'est grandir, ou c'est mourir un peu avec eux.
Pas tout entier, mais par petits morceaux. A petit feu.
Un morceau du puzzle après l'autre s'envole dans la tempête, et peu à peu, il n'en restera plus aucun.
Sans doute, qu'avec le temps, le corps devient un jour trop lourd à porter.
Sans doute que l'âme à besoin de le quitter pour retrouver sa liberté, sa légèreté, sa jeunesse, sa vivacité, sa joie de vivre.
Pourquoi s'acharner à garder cette enveloppe qui se fissure de toutes parts ?
Un jour, moi aussi j'aurai envie de retrouver ma légèreté, et de délivrer mes proches du fardeau de mon existence devenue inutile et trop lourde.
Ce jour là, j'espère en avoir encore gardé la force.
Mais ce soir, c'est à moi d'accepter de lâcher cette main qui tenait la mienne depuis si longtemps. Cette main qui était si forte quand elle guidait celle de l'enfant que j'étais. Cette main devenue toute petite et décharnée, qui cherche encore mes doigts pour trouver la force de me dire "Au revoir".
Tant d'années sont passées, que je n'imaginais pas que ce jour arriverait, que je ne voulais pas le savoir.
Ces yeux me demandent de les laisser se fermer, ces mots d'adieu restent bloqués dans ce regard, et que je n'accepte pas d'entendre.
Aujourd'hui, je crois qu'elle me demandait la permission de partir, de me laisser continuer la route sans elle, et je n'ai pas pu lui donner.
Je n'en avais pas la force.
Elle avait besoin de sentir que je ne lui en voudrais pas de ne pas pouvoir aller plus loin, et que j'accepterais de la laisser sur le bord du chemin. Je n'ai pas répondu à sa demande, je n'étais pas prête.
Je vais rassembler mes forces, et accepter l'inacceptable, prendre une grande inspiration, regarder vers le bleu du ciel et m'en remplir les poumons. Puis, je vais retourner là-bas, et prendre de nouveau cette main si petite dans la mienne, fixer ce regard éperdu, sourire, et lui dire: " Si cette vie est devenue trop lourde pour toi, tu peux la laisser s'envoler.Je le comprends et je l'accepte. Surtout, ne t'inquiète pas pour moi, je poursuivrai le chemin avec ton souvenir devant mes yeux. La force que tu m'as donnée, les souvenirs heureux éclaireront la suite de mon chemin, et j'espère que là-bas, nous nous retrouverons."