Aime la vie et le partage d'émotions, et danse avec elles en mots et en images, pour que le chemin vers les étoiles soit toujours bleu.
24 Novembre 2013
Un dimanche entre automne et hiver, le vent glace le matin, la moitié des arbres a perdu ses feuilles, l'autre résiste encore, mais s'habille de roux. La lumière est partie pour d'autres latitudes et il faut puiser son énergie ailleurs.
Ce matin, au plus fort de mon courage, je me recouche, sous une couette douillette avec le frisson délicieux de ne rien faire, alors qu'il y aurait tant à faire autour, justement.
Il faudrait ramasser les feuilles.
Il faudrait ranger la maison.
Il faudrait préparer la semaine des uns et des autres.
Il faudrait faire le courrier en retard, trier la paperasserie.
Il faudrait ...
En fait, il faut rester sous cette couette. Regarder dehors.
Admirer les branches qui dansent et frissonnent sous les caresses du vent.
Écouter ces murmures, ces mugissements, ces craquements qui enflent puis s'apaisent au rythme des rafales et puis la chanson des volutes en fer forgé de mon balcon .
Vous ne saviez pas que les balcons pouvaient chanter .. Le mien sait le faire et cela m'enchante.
Quand il y a une tempête il rugit, ce qui le fait peur, depuis cette nuit mémorable de 1999 où les arbres ont volé en éclats autour de ma maison.
Mais aujourd'hui dans le vent du sud, il fredonne ses notes cristallines et c'est une pluie d'étincelle qui me tinte aux oreilles.
Si j'avais encore mes yeux d'enfant, je suis sûre que je pourrais voir les fées minuscules qui jouent du xylophone sur ses volutes .
La semaine dernière il était muet, éteint sous une coulée de neige, brusquement glacé, pétrifié sous le givre. Il n'y avait plus un bruit, plus un chant d'oiseau, le jardin retenant son souffle jusqu'au dégel.
Ce silence, loin d'être oppressant, était une pause, un moment d'apaisement où l'on laisse à son corps, le temps de rêver .
Au milieu de l'hiver, j'ai découvert en moi un invincible été.
Je sais que l'été reviendra, je ne sais pas si je serai là pour le voir, ni combien de saisons défileront encore devant mes yeux.
Mais aussi longtemps que j'aurai envie de goûter ces instants suspendus, comme autant de friandises, la vie qui coule dans mes veines aura encore un goût de miel.
La recette est simple, Il suffit de laisser tout le reste pour un instant, et simplement :
- Savoir s'arrêter juste pour déguster ces gouttes de soleil sur la vitre après l'orage, - savoir humer le parfum des feuilles mouillées,
- savoir faire silence pour laisser les chants du vent dans les branches vous murmurer ses cascades à l'oreille
- Savoir sentir tout ce qui fait qu'on est encore vivant, rester à l'écoute de son corps qui vibre et de son âme qui rêve .
A celui qui détient le bonheur intérieur, ce sont les quatre saisons qui sont belles.