Aime la vie et le partage d'émotions, et danse avec elles en mots et en images, pour que le chemin vers les étoiles soit toujours bleu.
20 Février 2014
Quelques heures plus tard, je m’éveillais avec la sensation que l’on tambourinait dans mon cerveau. Il me fallut quelques secondes pour réaliser où je me trouvais, et que les coups en question provenaient de la porte d’entrée de la chambre, et dix secondes de plus pour retrouver les esprits et me lever pour aller ouvrir à la femme de chambre qui m’apportait le petit déjeuner.
Elle me souriait au-dessus de son plateau chargé de viennoiseries « maison » et d’un assortiment de confitures à l’ancienne, et me demanda si j’avais bien dormi. Sa question me remémora brusquement les évènements de la nuit et son sourire s’éteignit devant ma pâleur subite. Elle s’enquit un peu inquiète :
J’hésitais entre deux attitudes, en apprendre un peu plus en lui parlant de mes aventures nocturnes, ou me taire et rester sur mes interrogations. Après tout, ceci n’était probablement qu’un rêve. On m’avait toujours dit que j’avais trop d’imagination, et le vin blanc du soir avait dû faire le reste. J’optais pour le silence, et lui répondis :
J’accompagnai ma réponse d’un sourire, en lui montrant la croisée illuminée, mais elle ne fut pas dupe, et remarqua mes mains qui tremblaient.
Elle sembla soulagée de pouvoir m’en parler, aussi je l’encourageai à poursuivre.
Elle s’interrompit, et regarda le sol, dubitative. Pour l’encourager, je me lançai :
En disant ces mots, elle désignait du doigt la porte que j’avais empruntée dans la nuit. Je sautais sur l’occasion pour l’ouvrir et lui montrer le miroir, en lui demandant :
Joignant le geste à la parole, elle s’approcha du miroir et tenta de le décrocher. Mais elle n’y parvint pas, comme s’il était soudé au mur. Elle me demanda de l’aider, mais malgré cela, rien n’y fit, il ne bougea pas d’un pouce.
Je préférais ne pas lui raconter comment cette porte s’était ouverte brusquement cette nuit, et ce que j’avais découvert derrière ce mystérieux miroir. Le fait que nous ne soyons pas parvenues à le déplacer, me faisait douter de ce que j’avais vu, et je commençais à croire que j’avais peut-être rêvé toute cette histoire.
Je refermai la porte de bois et accrochait le loquet de fonte. Il était un peu rouillé et il fallait forcer pour faire coulisser la pièce métallique jusqu’au bout. Je me tournai vers la jeune femme qui hochait la tête :
Nous fixions toutes les deux le loquet en fonte, lorsque nous le vîmes glisser imperceptiblement, très doucement vers la droite. Un instant plus tard, il était entièrement libéré et la porte commença à s’ouvrir en silence, comme si un souffle de vent la poussait de l’intérieur. J’avalai ma salive péniblement, et jetai un coup d’œil à ma compagne qui était blanche comme un linge. Je posai la main sur son épaule et la sentant trembler, je lui dis en me forçant à sourire:
La jeune femme de chambre, semblait perdue dans ses propres pensées. Semblant s’adresser à ses propres souvenirs, elle poursuivit :
Elle baissa la tête, interrompant son récit, me regarda brièvement, hésitante, puis reprit son souffle et poursuivit :
Tout en achevant son récit, elle me montra son annulaire droit où brillait un anneau finement ciselé à l’ancienne. Elle le retira et me le tendit pour que je puisse lire l’inscription qui était à l’intérieur. C’était un simple prénom : Marie.
Le silence retomba entre nous. Je lui rendis son anneau qu’elle passa de nouveau à son doigt. Elle regarda sa main, qui ne tremblait plus, puis me gratifia d’un sourire.
Elle me gratifia d’un clin d’œil, en sortant de la chambre. Il ne me restait que quelques minutes pour me préparer et avaler ce somptueux petit déjeuner, avant de rejoindre le reste de mes collègues dans le hall d’entrée, où notre guide nous attendait pour nous emmener visiter une cave bourguignonne. Me plonger dans la réalité du terroir, me ferait probablement beaucoup de bien, et je me dépêchais de me préparer.
Avant de sortir de la pièce, je refermais la porte de bois, poussant de nouveau le loquet sur la gauche jusqu’à le bloquer.
J’attrapai mon sac, enfilai mon manteau et me dirigeai vers la porte de la chambre, jetant un dernier coup d’œil vers la fenêtre avant de sortir.
La porte de bois était de nouveau ouverte.
Le miroir était à découvert, où je vis mon propre reflet me fixer, une expression de profond étonnement sur le visage. A l’évidence, le passé ne voulait pas qu’on l’oublie et la suite des évènements allait me le prouver.